Château de Rochechinard
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Le château

Situé sur les contreforts ouest du massif du Vercors, le château de Rochechinard occupe une étroite et abrupte plate-forme rocheuse à 600 m d’altitude.
Le site fut probablement occupé dès le XIIe siècle par une rocca possédée par la famille des seigneurs du Royans. Durant cette période, le château n’est probablement qu’une modeste rocca, caractérisée par la présence d’une tour, d’une aula, d’une chapelle castrale dédiée à saint George et d’un bâtiment annexe matérialisé par une grande case-encoche.
Ces bâtiments occupent la partie terminale de l’éperon, protégée par un profond fossé taillé dans la roche
et par un mur de plus de 2 mètres d’épaisseur.
Vers 1480-1490, une vaste campagne de travaux est engagée par la famille Allemand, transfigurant le site.   Elle voit l’érection quasi simultanée d’au moins trois bâtiments : une tour à canon ouverte à la gorge et flanquée d’une barbacane souricière, une tour circulaire percée de canonnières et de baies à coussièges,
et un vaste logis.
Cette uniformité se manifeste par l’usage d’un décor de pierres à bossages pour les chaînes d’angles    et les piédroits des baies. Érigé hors de tout contexte militaire, ce « nouveau » château est avant tout l’emblème d’un lignage, celui des Allemand, qui y multiplie les marques identitaires  (écus en chanfrein, motif de bâton écoté).
Le secteur défensif multiplie les obstacles. La tour à canon constitue le premier : assisée à même le rocher, avec des murs de 3 mètres, elle n’offre que des angles saillants à un éventuel tir adverse.
Ses onze canonnières à double ébrasement assurent une défense en tir rasant ou plongeant.
Le flanquement rapproché est assuré par une échauguette et une plate-forme sommitale crénelée.
En contrebas, le secteur d’entrée est défendu par une porte de chêne, un pont-levis, une canonnière et une échauguette.
Passée cette petite barbacane, une seconde porte donne accès à une cour en forte pente franchissable grâce à un dispositif mobile. La tour centrale, appelée "donjon" au XVIIe siècle, complète la défense par huit canonnières, orientées vers la cour, la barbacane ou l’intérieur de la tour à canon.
Ce « donjon » sert d’interface entre secteurs de défense et de résidence. Il est construit sur le point le plus bas du site, dans l’ancien fossé, mais s’élève à plus de 17 mètres avec ses cinq niveaux. Son sous-sol est occupé par une vaste citerne, et un bâtiment annexe accolé abrite le four à pain.
Le corps de logis encore en élévation au nord ne représente sans doute qu'un quart des constructions qui utilisaient les structures antérieures. On notera le confort de ce secteur, avec une cuisine au rez-de-chaussée, des latrines pour chaque étage, et des cheminées dans chaque pièce.
Au XVIe et XVIIe siècles, Les Mosnier réalisent les dernières transformation du site, avec la construction d’une galerie à l’italienne et plusieurs réaménagements internes. Les derniers travaux ont lieu en 1699 avec la réfection général des toitures. Mais le site est totalement délaissé au début du XVIIIe siècle et en 1764 il est déjà inoccupé et en ruine. Au XIXème siècle le château, rendu aux éléments souleva l’enthousiasme des peintres et poètes romantiques (E Thuillier, D Rahoult, A Debelle, V Arnaud, A Souchier...). Comme beaucoup de châteaux il sert au XIXe siècle de carrière de pierre et l’on retrouve de nombreux réemplois dans les maisons de la commune.
                                                                                                                    Josselin Derbier.